Le géant chinois de l'automobile aurait tenté à deux reprises d’entrer au capital de Renault. Une offensive majeure, repoussée par la France, alors que le losange est l’un des constructeurs européens les mieux placés dans la voiture électrique.

Imaginez le tremblement de terre si la R5 était passée sous pavillon chinois. ©ako photography x Shutterstock
Imaginez le tremblement de terre si la R5 était passée sous pavillon chinois. ©ako photography x Shutterstock

Renault aurait-il pu tomber dans l’orbite de BYD ? En voilà une question qui semblait encore impensable il y a quelques années. D’après Les Échos, le géant chinois de la voiture électrique aurait approché, ces deux dernières années, à deux reprises le constructeur au losange pour entrer à son capital. Pas un simple rapprochement industriel, donc, mais une opération jugée suffisamment sensible pour être écartée côté français, dans un dossier où l’État pèse lourd au capital de Renault.

Le timing explique en partie la tension. Renault sortait d’une période de reconstruction et revenait fort sur l’électrique avec les R5 et R4 E-Tech, et BYD s’intéressait à un constructeur européen redevenu crédible dans l’électrique grand public.

Renault, une cible trop stratégique

La première tentative remonterait à 2024, lorsque Luca de Meo dirigeait encore Renault. Des discussions auraient bien eu lieu, avant que le groupe français ne referme la porte. BYD serait ensuite revenu à la charge à l’automne 2025, cette fois par l’intermédiaire de Stella Li, numéro deux du constructeur chinois et visage de son offensive européenne.

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Sur le papier, chacun pouvait y trouver un intérêt. Renault aurait pu se rapprocher du savoir-faire de BYD dans les batteries, l’électrique et les hybrides rechargeables. En face, le groupe de Shenzhen aurait gagné ce qu’il cherche activement en Europe : une base industrielle, une marque historique, des usines et une légitimité immédiate sur un marché difficile à pénétrer.

Mais l’affaire dépassait largement la logique industrielle. L’État français reste un actionnaire important de Renault (15% du capital), avec un poids réel dans les droits de vote (30%). Voir l’un des derniers grands constructeurs français passer sous influence chinoise aurait donc été politiquement explosif.